Sortons la longue-vue : Comprendre les causes 3

Co-construisons le savoir

En éducation populaire autonome, on  perçoit l’analyse comme un acte de connaissance développé en commun, ensemble, et non comme un acte de transfert de savoir! C’est la pratique qu’a développée le Collectif pour un Québec sans pauvreté : des personnes en situation d’injustice sont associées à des chercheurs solidaires et travaillent de concert à documenter la situation. Que ce soit lors d’un carrefour de savoirs ou pour une autre activité d’analyse critique, votre rôle d’animatrice est de poser des questions. C’est aux personnes qui vivent les situations d’y répondre ensemble. Vous pouvez cependant soutenir les gens dans leur analyse et les aider à faire des liens entre ce qui se dit.

Une analyse n’est jamais complète, elle se peaufine et s’enrichit au gré des discussions grâce aux allers-retours entre la réflexion et l’action. Au fil du temps, on développe et on intègre aussi des grilles d’analyse variées, c’est-à-dire différents points de vue, différentes façons de comprendre la réalité (selon le point de vue des femmes, des pauvres, des personnes immigrantes, des autochtones, des écologistes, etc.). Plus on consacre d’énergies à l'analyse critique, plus notre compréhension de la situation, de ses causes et de ses effets s’élargit. Mais comme on s’appuie sur les savoirs expérientiels des gens, l’analyse critique qu’on produira restera toujours enracinée dans la réalité concrète, ce qui la rend bien plus crédible et efficace.  

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