Le procès de l'État québécois face aux droits


 
 
Une activité pour développer nos arguments
afin de nous mobiliser pour l'avancement 
et la reconnaissance des droits.


Dans la société, différents points de vue s’affrontent concernant la réalisation ou non des droits. CertainEs disent qu’ils sont pleinement respectés, d’autres y voient des reculs et des défis importants à relever pour que leur réalisation soit pleine et entière. Dans nos groupes, on ne peut pas faire l’économie de parler des droits.


Par l’animation d’un jeu de rôle sous forme de procès, l’activité permet :

  de partir de réalités concrètes;

  de porter un regard sur l’état des droits au Québec;

  d’identifier ensemble les discours ainsi que les arguments qui

     justifient des politiques et des lois défavorables à l’exercice des droits.


C’est à partir de ce partage qu’il est possible de développer nos arguments et de passer à l’action en se donnant des moyens pour travailler ensemble à l’avancement des droits.


Cette activité portant sur les droits peut s’inscrire dans le cadre d’une assemblée générale, d’un atelier, d’un café rencontre, d'activité de démarrage d'une journée de formation, etc.


 Objectifs de l'activité

Grâce à des mises en situation et en partant de la conjoncture, se questionner face à la réalisation pleine et entière des droits au Québec.

      •  Partir de nos constats et de nos réalités pour dresser un portrait de l’avancée des droits au Québec;  
      •  Dresser un portrait des attaques faites aux droits;
      •  Expérimenter différents points de vue qui s’affrontent concernant la question des droits;
      •  Développer nos arguments pour défendre les droits.
      •  Et nous mobiliser collectivement pour l’avancement et la reconnaissance pleine et entière des droits.




   Informations pour la réalisation de l’activité
 

DURÉE TOTALE : au moins 120 minutes  (ou plus, si on veut y consacrer plus de temps.)  

 MATÉRIEL NÉCESSAIRE : Un maillet, une toge et une perruque de juge
                                              - Grandes feuilles et crayons feutres
NOMBRE DE PARTICIPANTES 10 à 30

 Déroulement de l’activité et temps alloué à chacune des étapes

Étape 1 : Faire un portrait général des droits aux Québec (20 min)

A.  Introduction et mise en contexte (présentées par la personne animatrice)

À partir de questions, la première étape de l’activité consiste à mettre en commun notre vision de la situation des droits au Québec.

Bien que l’article premier de la Déclaration universelle des droits [humains] affirme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. », qu’en est-il dans notre société? En partant de réalités concrètes, dressons ensemble un portrait de la situation actuelle concernant la réalisation effective des principaux droits humains au Québec. 


B.  Faire le portrait de la réalité concrète des droits (animation en grand groupe)

               En grand groupe,
à partir des questions suivantes, on dresse de façon synthétique un
            portrait de la conjoncture concernant la question des droits au Québec.

 La personne animatrice peut s’inspirer de la feuille des catégories de droits pour alimenter le    groupe.  Elle note sur de grandes feuilles les éléments de réponses.                                    

            • Y a-t-il des éléments de nos conditions de vie qui se sont
           améliorés?
            • Quels droits sont mieux reconnus depuis quelques années au
           Québec?
           
Qu’est-ce qui a permis cette reconnaissance (lois, programmes,
            évolution des mentalités, luttes sociales, etc.)?
            •  
Y a-t-il eu des détériorations de nos conditions de vie?
            •  
Quels sont les droits qui sont plus menacés depuis quelques années au
           Québec?
            •  
Qu’est-ce qui a occasionné ces reculs (coupures gouvernementales, lois,
            attaques, etc.)?

 Note pour l’animation :
     Il est important d’inviter les personnes participantes à identifier des exemples concrets des avancées et
     des reculs face aux droits. C’est par ces exemples que des liens clairs se font entre la réalité vécue au
     quotidien et le respect ou non de nos droits pour ainsi sortir d’une simple vision de besoins.


Étape 2
 : L’État québécois en procès (90 minutes au total)

A. 
En atelier, préparation pour le procès de l’État québécois (30 min)

 En atelier, on se prépare à faire le procès de l’État québécois car
 dans notre société, c’est l’État qui est le gardien du respect 
des
 droits. 
(voir feuille de consignes à remettre aux ateliers)

 Consignes à donner  Constituer des équipes de 4 à 5 participantEs.

 
*  
Chaque équipe se désigne : un témoin, un avocat de la défense, un (ou deux)
    avocat(s) de la Couronne et un juge.
            •  
Les rôles de chacunE sont les suivants :

-  Le témoin est victime d’une injustice selon le droit assigné à son
   équipe.
-  Le témoin et l’avocat de la défense auront à défendre et démontrer
   que le droit en question est brimé à cause des décisions de l’État et
   comment cela engendre des injustices.
   
-  
Le ou les avocats de la Couronne auront à défendre le
   gouvernement et sa position en interrogeant le témoin et son avocat. 
                                 Il /ils tentera(ront) de discréditer le témoin et de justifier l’injustice en                                  rendant légitime le recul du droit dont il est question. 
                              -
 
À la toute fin, le ou la juge, suite aux interrogatoires et au plaidoyer,
                                 aura à rendre son verdict et à le justifier. « L’État est-il coupable ou
                                 non coupable? Pourquoi?
 

            •
 
  
Chaque équipe doit préparer une petite mise en scène qui durera au maximum                 10 minutes et qui portera sur un des droits suivants qui lui aura été assigné : 
                
                Les équipes peuvent utiliser la feuille de catégorie des droits pour développer leur                 argumentaire. 

1. Droit à la santé
    La victime doit attendre de 6 à 8 mois avant de pouvoir passer un scanner           pour des maux de tête chroniques. 

2. Droit au travail
    La victime n’arrive pas à se retrouver un travail décent à cause de son âge ou
    de son manque d’expérience.
 

3. Droit à un niveau de vie décent
    La victime s’est retrouvéE à l’Aide sociale et le revenu mensuel qu’elle
    reçoit ne permet tout simplement pas de joindre les deux bouts.
 

4. Droit à l’éducation
    La victime n’a pas accès aux études avancées à cause des coûts élevés que
    cela représente.

    D’autres droits peuvent être identifiés selon les réalités vécues par les
    participantEs.


B.  
Place au théâtre (présentation des pièces 40 min) 

1.   Chaque équipe présente ce qu’elle a préparé.

      (10 minutes au maximum, allouées à chacune des équipes) 

2.   Les présentations théâtrales sont présentées
      successivement sans intervention ni commentaire entre
      celles-ci puisque nous aurons l’occasion de revenir sur celles-ci à l’étape
      suivante.
 

3.   On ne passe pas de commentaires pendant les présentations puisque
      nous aurons l’occasion de revenir sur celles-ci dans l’étape suivante.


C.  Retour en grand groupe (20 min)  (sur les pièces et les droits qui ont été présentés)

1.   Qu’est-ce qui se dégage du portrait qui nous a été présenté?
      Reconnaissez-vous des réalités que nous avons vécues?
 

2.   Qu’est-ce qui nous a le plus frappés dans les présentations sur la
      situation des droits au Québec? Pourquoi?
 

3.   Est-ce que c’est plus facile de représenter la couronne ou la défense ?          Pourquoi? 

4.   Comment s’organiser ensemble pour assurer la reconnaissance et la
      réalisation pleine et entière de nos droits?
 

5.   Comment est-il possible qu’il y ait, au Québec et au Canada, des chartes
      des droits et que pourtant ceux-ci ne sont pas respectés?

     Note pour l’animation :
          Faire ressortir le sentiment d’indignation et permettre aux personnes participantes de nommer des
            réalités semblables qu’elles ont vécues. 
         • Conclure la démarche en identifiant des moyens pour faire reconnaître et exercer pleinement nos
            droits : actions collectives de revendication, pétitions, manifestations, présentation de mémoires,
            éducation et sensibilisation aux droits, etc. 
         • Mettre l’accent sur la force collective ainsi que les luttes qui se sont menées (ou se mènent) avec                    lesquelles on peut s’associer et se solidariser.


 Les leçons à retenir du procès…


 -  Toute injustice porte atteinte à un ou plusieurs droits humains. 

 -  Il est nécessaire d’identifier qui se donne le pouvoir de porter
    atteinte à ces droits (des institutions, des groupes ou des
    personnes…)
et au nom de quoi.

 -  Ensemble, on peut développer et proposer d’autres arguments ainsi que            d’autres visions pour s’opposer à ce pouvoir. On peut également proposer         des alternatives.


 ...pour passer à l'action


 - 
C’est par des actions collectives variées qu’on permet l’avancement de l’exercice
  ainsi que la 
reconnaissance pleine et entière des droits et qu’on découvre notre       pouvoir de faire changer les choses. 


 Ces actions collectives sont politiques. Elles visent une reprise de pouvoir sur nos conditions de
    vie, en conformité avec les droits humains et nous mettent en opposition avec le pouvoir qui les
    bafoue.